Tchad et Cameroun face à la justice internationale : quelles leçons pour le Congo ?
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Tchad et Cameroun face à la justice internationale : quelles leçons pour le Congo ?

Le 27 juillet 2026, le gouvernement tchadien a officiellement notifié aux Nations unies son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), dénonçant une justice « sélective » qui cible prioritairement les pays africains. Une décision qui fait écho à une autre procédure, cette fois commerciale : le 20 juillet, un tribunal arbitral a condamné le Cameroun à payer 616 millions de dollars à la société minière australienne Sundance Resources, dans le litige portant sur le gisement de fer de Nabeba-Mbalam.

Pour N’Djamena, la CPI est devenue un instrument politique au service des grandes puissances. Le Tchad rejoint ainsi le Burundi, qui s’était retiré en 2017, et rappelle la défiance récurrente de l’Union africaine envers cette institution. Mais ce départ ne met pas fin aux éventuelles poursuites déjà engagées, et les organisations de défense des droits humains y voient un recul préoccupant pour la justice pénale internationale.

De son côté, le Cameroun digère mal la sentence rendue dans l’affaire Sundance. Le projet Nabeba-Mbalam, à cheval sur la frontière avec le Congo-Brazzaville, devait exploiter près de 775 millions de tonnes de minerai de fer. Après des années de blocage et le retrait du permis d’exploitation, le tribunal a tranché en faveur de l’investisseur australien. Cette condamnation, l’une des plus lourdes jamais infligées à un État africain dans un contentieux minier, risque d’alourdir la dette camerounaise et de refroidir les investissements étrangers dans la sous-région.

Ces deux événements ne sont pas sans conséquences pour la République du Congo. Pays voisin du Cameroun et partenaire économique, Brazzaville suit de près ces évolutions. Membre fondateur de la CPI, le Congo a toujours soutenu la Cour, mais l’affaire tchadienne pourrait relancer le débat sur sa propre adhésion. Sur le plan minier, le Congo est lui-même en pleine négociation avec des groupes internationaux pour ses gisements de fer et de potasse ; le précédent camerounais incite à la prudence dans la rédaction des contrats.

Alors que l’Afrique centrale cherche à valoriser ses ressources naturelles tout en préservant sa souveraineté juridique, ces deux affaires rappellent la complexité des rapports entre États et instances internationales. Pour le Congo, l’heure est à l’observation et, peut-être, à l’anticipation.

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